médaille de numérotation 31 

Mon Ours

Hommage à mon Teddy

coeur il sera hier

  Les grandes vacances commençaient. Mon jeune frère et moi étions à l'intérieur, encore dans le cocon de notre logement.Tandis que de l'autre côté de la fenêtre le soleil inondait ce bel après-midi.

  Même si j'avais un landau de poupées, offert par mes grands-parents paternels, ce landau servait plutôt à balader ma minette Grisou, le félin le plus docile de la maisonnée, car nous avions beaucoup de chats dans cet espace exigu.

  Me voilà tirant alors par les pieds arrière la chaise du bureau de mon grand frère. Elle me servait de brancard pour promener mon Nounours, mon unique Teddy adoré, aux poils ras, de couleur beige et au museau pointu.

  On peut imaginer "le boucan" que pouvait faire cette chaise en bois sur les tommettes du sol, avec ce nouveau jouet que je venais de créer ! Mais moi, je m'amusais tranquillement en promenant mon Ours chéri.

  Cet Ours à qui j'ai donné un jour du lait, oui, du vrai lait !

  Ma grand-mère qui ne me refusait rien, a dit une fois : "Ah, cette petite m'aura fait faire n'importe quoi !"

  Je lui avais demandé d'en acheter alors que je n'en buvais pas. Et Mémé avait "marché".

  J'administrais donc à mon Ours du lait, c'était du lait "Gloria" dont la boîte était ronde et de couleur rouge.

  Veuillez m'excuser pour la pub, mais aujourd'hui cela me semble surréaliste, et je me souviens de cette boîte de lait...

  J'étais bien punie. Mon Nounours avait son ventre tout gonflé et il ne sentait pas très bon. Pourtant je l'aimais toujours.

 

Comme mon ours

Celui-ci trouvé dans un livre édité en 1987

est un jumeau de mon pauvre Ours

(Photo de François-Xavier Bouchart 1987)

 

 

Le Jeu Chagrin

coeur il sera hier 

  Je ne pensais pas que mon père faisait une sieste à cette heure. Il avait dû rentrer tard la veille au soir. Maman l'avait attendu et piquait du nez dans l'assiette vide car la table était dressée depuis quelques heures déjà...

  Le cheveu hirsute, comme une marionnette sortant de sa boîte, la bouche tordue, il m'avait crié après. Papa n'a jamais levé la main sur ses enfants. L'expression de son regard nous suffisait. Je ne pensais pas avoir fait quelque chose de mal à ce moment-là...

  Soudain, comme un éclair, dans une trajectoire sombre, j'ai vu valdinguer mon pauvre Ours saisi par une oreille,

traverser la pièce,

puis la fenêtre,

et s'enfoncer dans le grand platane feuillu d'en face.

Hou !!!

  Il faut dire que ce souvenir est triste. Je voyais double avec mes larmes qui embrumaient mes yeux...

  Dans ce lieu paradisiaque, de l'autre côté de notre fenêtre, se trouvait une sorte de maison-château du XIXe siècle à la façade rose, un parc et deux platanes centenaires. Là où certains soirs d'été nous avions la chance de voir entrer dans la cuisine un de ces magnifiques et larges papillons bleus égarés. Eh bien là, mon Ours chéri avait atterri.

  Si au moins ce papillon bleu lui avait prêté ses deux ailes pour l' aider à revenir chez nous... Mais il n'avait rien de magique, ce papillon, il n'était que magnifique et bleu !

  Hélas !

  Mon confident était passé par la fenêtre ! Personne n'avait tenté de partir à sa recherche...

  J'ai caché mon chagrin d'enfant après la perte de ce compagnon. Sa place était vide et je pensais à lui. Il ne sentait pas bon à cause du lait que je lui avais fait ingurgiter. Mais il avait été tellement réconfortant... Il veillait sur mon sommeil d'enfant, posant sur moi ses bons yeux noirs en boutons de bottines.

  Petite fille, je n'ai plus jamais eu d'ours. Mais je me suis bien rattrapée depuis ! 

Paulette06 

extrait de " Mémoire d'Enfant" 

" Hommage à mon Teddy "

Samedi 03 Février 2018

 

Vrac d'Ours

Il y a du monde depuis !

papillons bleus